Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 14:06

« Ceux qui ont beaucoup à espérer et rien à perdre seront toujours dangereux.  »

de Edmund Burke

 

« L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait.  »

de Georges Bernanos

Repost 0
Published by jakin - dans "Croire"
commenter cet article
9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 07:31

La philosophe française, Élisabeth Badinter dénonce la peur de la gauche devant l’oppression du religieux. Elle appelle aujourd’hui à Bruxelles à se battre pour la laïcité.

« Ceux qui me traitent de lepéniste sont de mauvaise foi. Il est évident qu’en citant Marine Le Pen, je voulais souligner sa perversité. Par ailleurs, je ne suis pas l’avocate d’une laïcité dure, ni fermée, ni ouverte, ni même positive. Je milite pour le respect de « la » laïcité.

L’obscurantisme est-il de retour, selon vous qui avez consacré votre vie à l’étude des « Lumières » ?

Vous appuyez là où ça fait mal. Ce sont d’ailleurs les propos que je vais tenir à l’université ce vendredi. Je pense profondément que nous sommes dans une période de régression et que la philosophie des Lumières est de plus en plus battue en brèche.

Ce que nous avons peut-être eu la faiblesse de considérer comme acquis, est remis en cause tous les jours. Il me paraîtrait impensable qu’on puisse annuler la peine de mort, et en même temps, je me dis qu’il pourrait y avoir une volonté de le faire. Cela vaut aussi pour la politique de la justice, le traitement de la délinquance. Et la laïcité.

Pourquoi ce retour en arrière ? La faute aux circonstances économiques ?

Elles sont de fait la cause essentielle, – quand on a peur, on est en état de régression. La délinquance, qui est réelle, se nourrit de l’absence de travail. Mais la crise économique n’explique pas tout. Pour moi, la diffusion de plus en plus grande dans le monde entier, du multiculturalisme, est un désastre.

C’est-à-dire ?

Avec le multiculturalisme, on a grignoté peu à peu la raison universelle, qui veut qu’on pense d’abord à ce qui nous unit, avant ce qui nous distingue.

Aujourd’hui, on considère que le droit à la différence est le summum de la liberté. La philosophie anglo-saxonne du « différentialisme » domine : chacun, dans sa communauté, fait ce qu’il veut. Cela revient à signer d’une certaine façon la mort de la philosophie des Lumières, qui a résonné en termes tout à fait opposés. Elle proclame en effet que pour avancer, il faut considérer les essentielles ressemblances entre tous les êtres humains, quelles que soient nos différences.

Ainsi, en votant le mariage pour tous, la France – un pays qui n’est pas à l’avant-garde –, a – enfin – considéré les homosexuels comme identiques à nous, appartenant au même genre humain avec les mêmes droits. On a appliqué la philosophie de la ressemblance. C’est une victoire. Peut-être la dernière.

Vous êtes pessimiste ?

Oui, parce que cette philosophie multiculturaliste séduit énormément les jeunes, qui trouvent qu’on appartient d’abord à sa communauté, avant d’appartenir à une collectivité plus large. C’est chacun chez soi. J’ai très peur de régressions. Cet enfermement, cette fierté de la différence sont terribles. Au contraire de la philosophie qui met en exergue ce qui nous unit, et qui est, elle, un puissant facteur de paix entre les hommes.

Que faut-il pour renverser cette tendance au repli ?

Il faut convaincre et tenir à certains principes. C’est au nom de ces principes que j’ai lutté contre la Burqa. Il faut aussi développer la tolérance.

Le multiculturalisme pourrait pourtant être considéré comme le rejet du racisme, puisque la différence est valorisée ?

Le multiculturalisme, c’est le séparatisme, et pas la solidarité, car chacun s’aligne sur sa communauté et l’universalisme se meurt.

Mon pessimisme se fonde aussi sur le retour en force du religieux. Les religions, puisque c’est elles qui nous séparent, ne sont pas des facteurs de paix dans une certaine partie de la population. Je dirais même que plus que le religieux, c’est le cléricalisme qui est en cause. La loi religieuse veut de plus en plus imposer sur l’espace public. Et je le dis autant pour les salafistes, les musulmans radicaux que pour la montée en puissance de l’orthodoxie chez les Juifs. J’ai ainsi été stupéfaite par cette tentative des Juifs extrémistes de Jérusalem l’année dernière de séparer les sexes dans les bus et d’instaurer une police de la jupe.

Je pense que les Musulmans, Belges ou Français ont besoin aussi qu’on les aide et qu’on les encourage à un Islam des Lumières, qui a pris en compte l’évolution du temps. Mais il ne faut pas être naïf, il existe des sectes – les salafistes – qui mènent une guerre de tranchées visant à enfoncer nos propres principes. C’est inadmissible. Et là, il faut tenir. L’espèce de soumission à la religion, de l’extrême gauche et d’une grande partie de la gauche, est un désastre. Comme si le religieux devait l’emporter sur tout et que tous devaient se soumettre à ses diktats.

À l’ULB (Université Libre de Bruxelles), où vous serez prochainement distinguée, ce débat est très vif. Entre les partisans d’une laïcité très stricte et ceux d’une laïcité ouverte aux expressions religieuses ? La journaliste essayiste Caroline Fourest a ainsi été prise à partie ?

J’ai vu les images. C’est d’une violence extrême, qui n’a pas sa place à l’université.

Qui sont les porteurs de Lumières ?

Nos démocraties occidentales sont horrifiées à l’idée d’être accusées d’intolérance. Et comme au moindre mot qui n’est pas conforme à l’acceptation générale, vous êtes taxé d’islamophobe, d’antisémite, de raciste, de lepéniste, la peur d’être stigmatisé ferme la bouche à beaucoup de gens. Ce qui me chagrine le plus, c’est que la gauche, que je respecte, a été saisie par cette terreur. Or il ne faut pas avoir peur, mais avoir le courage de tenir sur ses principes.

L’étude du passé vous aide-t-elle à comprendre comment la raison peut se réimposer ?

La leçon à tirer du passé est qu’il y a toujours un moment de révolte. Dans l’histoire de la philosophie des Lumières, il y a un moment où l’oppression exercée par les lois religieuses est trop forte, alors qu’elle est appliquée à des gens qui évoluent intellectuellement et socialement. Et ces gens disent « ça suffit ». Cela peut prendre des siècles évidemment. Ce qui me fait peur dans la régression actuelle, c’est le refus de l’enseignement, de la part d’enfants dans certaines écoles publiques. Car c’est à l’école qu’on apprend à exercer sa raison critique, à essayer de mettre un peu à distance ses préjugés et ses croyances.

C’est l’école qui s’adapte à ces croyances ?

Exactement. On est passé du « cogito » au « credo ». Le mot d’ordre dans beaucoup d’écoles est : « Surtout ne choquez pas les croyances et les préjugés de vos élèves. » Si on ne peut plus apprendre l’esprit critique à l’école, où d’autre ? C’est impossible.

Une autre forme de repli sur soi, nationaliste et régionaliste est très présente en Europe ?

C’est un repli identitaire – ma région, mon pays d’abord – et c’est affligeant. Que ce soit d’un côté (ma religion) ou de l’autre (ma région), c’est le triomphe du différentialisme.

Le politique a encore la capacité à faire changer les choses ?

Bien sûr. Il suffit d’un homme de grand talent et doté de charisme. Pour le moment, on en manque sérieusement. Partout. Nous sommes dans une « honnête médiocrité  ». Il y a de grandes personnalités qui émergent, mais pour l’instant, il n’y a pas de parole fédératrice forte autour d’un projet. En France notamment, tous sont un peu tirés du même moule, soumis au politiquement correct : on a du mal à avoir une parole totalement sincère parce qu’on a peur de heurter l’un ou l’autre. Du coup, on a une espèce d’eau tiède un peu partout.

On a cru en Obama ?

Quelle déception  ! Il avait séduit le monde entier, tous voulaient un Obama chez eux. Ah  ! S’il avait eu un peu plus de consistance politique. On peut changer le monde avec la parole. La politique n’est pas morte, à condition d’avoir du courage.

Le Premier ministre belge Di Rupo essaye depuis trois ans d’éviter une séparation et de faire vivre ensemble deux communautés déchirées. Cela vous inspire-t-il un commentaire ?

Je vois cela de très loin, mais j’admire ceux qui ont l’art du consensus. »

Propos recueillis par Béatrice Delvaux, publié dans le journal belge Le Soir.

Repost 0
Published by jakin - dans "Croire"
commenter cet article
5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 19:59

Notre trés Cher Frère André Issac dit Pierre Dac avait des prémonitions sur tout comme le fait "d'assaisonner" le fascisme pendant la 2ième guerre mondiale et aprés. Mais là je retrouve une recette que nous avait livré ce Grand commandeur de la société des loufoques.


MANIERE D'ACCOMMODER LA SELLE DE CHEVAL
  • La selle d'agneau est un plat onéreux.
  • Mangez de la selle de cheval dont voici le mode de préparation :
  • Prenez une selle - de cheval, une bonne selle moyenne de cheval entière si possible et bien tendre, c'est-à-dire vieille, car plus une selle de cheval est vieille, plus elle est tendre; faire bouillir à l'eau froide et au cuir bouilli; versez les bridons à l'ébullition en prenant bien soin d'enlever les gourmettes qui serviront d'abats.
  • Ne pas oublier de faire bouillir les étriers à part. Quand tout cela est bien mitonné, hacher le mors très fin menu; une fois haché, recoller les morceaux de hachis avec de l'albuplast et incorporer sans mélanger de manière que ça fasse un tout.Dressez sur harnais et servez frais suivant les circonstances et votre orientation politique".
  

 

Merci Monsieur Pierre Dac et puis tant que nous sommes là : Pensons à notre Frère Caillavet parti lors de ses 100 ans , à Stèphane Hessel et Françoise Seligmann...

Là Haut ou en bas avec les Desproges, Coluche et consorts, ils doivent bien se marrer.

 

Comme aurait dit ces divers personnages, non pas "maréchal , nous voilà" mais "Findus, nous voilà"

 



Repost 0
Published by jakin - dans "Croire"
commenter cet article
13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 18:55
Le pied
Repost 0
Published by jakin - dans "Croire"
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de jakin
  • Le blog de jakin
  • : autodidacte, socialiste, hédoniste
  • Contact

Texte Libre

  • “Il n'y a qu'une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c'est la peur d'échouer.”   Paulo Coelho
  • Comme écrivait Barthes dans « Mythologies » (à l'époque du poujadisme, ce mouvement de promotion du bon sens), c'est un concept qui empêche « d'imaginer l'autre »
  • "Les prétres (rabbins,curés, pasteurs, imams,bonzes etc)ne sont pas ce qu'un vain peuple pense" , "Notre crédulité fait toute leur science"   Voltaire
  • "L'absurde n'est pas un savoir, c'est un état acquis par la confrontation consciente de deux forces. Maintenir cet état demande une lucidité et nécessite un travail, l'absurde c'est la conscience toujours maintenue d'une « fracture entre le monde et mon esprit »"  Camus
  • "Connais toi, toi-même"  Socrate
  •   "Jouis et fais jouir, sa ns faire de mal ni à toi ni à personne :voilà, je crois, toute la morale »    Chamfort
  • "Les suppositoires à la nitroglycérine sont beaucoup plus efficaces que ceux à la glycérine pure, mais se révèlent beaucoup plus bruyants."    Pierre Dac

Recherche

Des mots et maux

La laïcité fait peur:

  • Peur de rendre les gens humains
  • Peur que les humains réfléchissent à leur condition d'humain
  • Peur de rendre les petits d'hommes devenir des êtres pensants par eux-même
  • Peur de voir se cotoyer des hommes croyants et non croyants
  • Peur que les femmes et hommes aient les mêmes droits
  • Peur que le blanc, le noir, le jaune, le basané, le rouge vivent en harmonie
  • Peur que les différences sexuels existent